dilluns, 9 de febrer de 2015

Verlaine



Courbet 1871


Chanson d'automne

"Les sanglots longs
des violons
de l'automne
blessent mon cœur
d'une langueur
monotone.

Tout suffocant
et blême, quand
sonne l'heure,
je me souviens
des jours anciens,
et je pleure...

Et je m'en vais
au vent mauvais
qui m'emporte
deçà, delà
pareil à la
feuille morte..."

(1866)


Dans l'interminable ennui de la plaine

"Dans l'interminable
ennui de la plaine
la neige incertaine
luit comme du sable.

Le ciel est de cuivre
sans lueur aucune.
On croirait voir vivre
et mourir la lune.

Comme les nuées
flottent gris les chênes
des forêts prochaines
parmi les buées.

Le ciel est de cuivre
sans lueur aucune.
On croirait voir vivre
et mourir la lune.

Corneille poussive
et vous, les loups maigres,
par ces bises aigres
quoi donc vous arrive ?

Dans l'interminable
ennui de la plaine
la neige incertaine
luit comme du sable."

(1874)


Il pleure dans mon cœur

"Il pleure dans mon cœur
comme il pleut sur la ville;
quelle est cette langueur
qui pénètre mon cœur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce cœur qui s'écœure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon cœur a tant de peine !"

(1874)


Paul Verlaine (1844-1896)